Les EHPAD en FRANCE

ehpad en France

Chiffres clés : 

  • –  4,8 millions de personnes de 85 ans et plus d’ici 2050.
  • –  2,2 millions de personnes en perte d’autonomie d’ici 2050 contre 1,3 million en
    2017.
    EHPAD
  • –  21% des personnes de plus de 85 ans vivent en établissement.
  • –  728 000 personnes âgées résident en institution.
  • –  10 600 établissements pour personnes âgées.
  • –  45% des EHPAD sont publics, 31% sont dans le secteur privé non lucratif, 24%
    sont dans le secteur privé lucratif.
    Métiers du grand âge
  • –  500 000 personnes travaillent en établissements soit 430 000 personnes en équivalent temps plein (ETP). 87% du personnel sont des femmes.
  • –  44% des EHPAD déclarent rencontrer des difficultés de recrutement.
  • –  9% des EHPAD ont au moins un poste d’aide-soignant non pourvu depuis plus de 6
    mois.
  • –  10% des EHPAD ont un poste de médecin-coordonnateur non pourvu depuis plus
    de 6 mois.

pastedGraphic.png pastedGraphic_1.png

Selon l’INSEE et la Dress 21 millions de seniors vivront en France d’ici 2030. En 2050, ils seront 25 millions. Et ce seront près de 4,8 millions de séniors qui seront en perte d’autonomie d’ici 2050. 

La question de l’offre d’hébergement pour les personnes âgées et dépendantes est primordiale. En effet, ce serait près de 108 000 seniors qui seraient attendus en EHPAD d’ici 2030 et 211 000 supplémentaires entre 2030 et 2050. Il faudrait augmenter le nombre de places en hébergement permanent en établissement pour personnes âgées dépendantes à hauteur de 

50 %. 

1 https://solidarites-sante.gouv.fr/archives/consultation-place-des-personnes-agees/concertation-grand-age-et- autonomie/article/grand-age-et-autonomie-les-chiffres-cles https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/infographie-video/infographie-lhebergement-des-personnes-agees-en- etablissement-les-chiffres-cles 

pastedGraphic_2.png pastedGraphic_3.png pastedGraphic_4.png

Un secteur dominé par l’offre publique 

Sur les 7 367 établissements présents sur le territoire métropolitain en 2020, 45% sont public, 31% privés à but non lucratif associatifs et 24% privés à but lucratif. Les établissements publics sont majoritaires dans les départements ruraux, les établissements privés à but lucratif dans les aires urbaines et les structures associatives dans l’Est de la France. 

Une offre stable mais inégale territorialement 

Avec 595 204 lits à fin décembre 20202, la France offre globalement 1 place en EHPAD pour 10 personnes de plus de 75 ans. 75 ans étant l’âge correspondant à l’âge moyen d’entrée en établissement. 

Cependant, une forte inégalité au niveau des départements est constatée. Dans certain territoires le nombre de places est de 16,37 pour 100 personnes de plus de 75 ans, alors qu’il n’est que de 4,2 places à Paris. Cette inégalité territoriale s’applique également aux régions, en Ile de France et en PACA, le taux d’équipement est inférieur ou égal à 8 places pour 100 personnes de plus de 75 ans. Alors qu’en Bretagne ou dans les Pays de la Loire, le taux d’équipement est supérieur à la moyenne nationale, ce qui crée de larges différences de prise en charge et de coûts. 

Quel coût ? 

En 2020 en France, le tarif journalier (hébergement + dépendance) moyen en chambre simple est de 71,88€, ce qui fait un total de 2 157€ par mois. Ce montant est une moyenne nationale, le tarif réel peut varier du simple au double selon le territoire. 

En effet, à Paris le tarif mensuel moyen est de 3 798,30 €, dans les Hauts de Seine, il est de 3 376€ et dans les Yvelines, il est de 2 991€. Alors que, dans le Cantal, la Haute-Saône, l’Aveyron et la Meuse, le tarif mensuel est en moyenne inférieur à 1 800 €. 

Cette disparité des coûts au niveau territorial s’explique par une disparité de l’offre, plus le ratio de lits par personne ayant plus de 75ans est fort, plus le tarif a tendance à être moins élevé. 

Ces disparités de tarifs sont aussi liées au statut de l’établissement (public ou privé). Le tarif journalier moyen est de 58€ pour les EHPAD publics, alors qu’il est de 90€ pour les EHPAD privés. Le privé étant majoritaire dans les zones urbaines, cela explique les tarifs plus élevés dans ces territoires. 

pastedGraphic_5.png

2 Uni Santé – enquête décembre 2020 

Un taux d’encadrement moyen insuffisant (0,62 pour 1) 

Le taux d’encadrement global se définit comme le nombre d’emplois directs en équivalent temps plein par rapport au nombre de résidents accueillis. Toutes les fonctions présentes dans l’EHPAD, à savoir les salariés appartenant aux pôles administratifs, de restauration, d’animation, d’hébergement et de soins sont prises en compte dans le calcul du taux d’encadrement global. 

Le taux d’encadrement global moyen est estimé à 62 équivalents temps plein (ETP) pour 100 résidents selon la DREES. Toutefois, une différence est à noter en fonction du statut juridique des structures. En effet, le taux d’encadrement est de 65 ETP pour les EHPAD publics, 60 ETP pour les EHPAD associatifs et 58 ETP pour les EHPAD privés. Pour comparer avec nos voisins européens, au Danemark il y a 10 soignants pour 10 patients, en Allemagne, ils sont 12 pour 10. 

 Il semble donc nécessaire de continuer à ouvrir de nouveaux lits afin de suivre l’évolution démographique du pays mais également pour limiter les disparités démographiques. En effet, selon la CNSA, sur les 9720 places à créer d’ici 2023, il faudrait en installer 26% en Ile-de-France. 

Le taux d’encadrement en EHPAD est relativement faible, alors qu’il y un fort accroissement de la dépendance. Dans le même temps, avec 74 136 places en Unités Protégées, le nombre de places pour les patients Alzheimer reste aujourd’hui insuffisant. 

Les leaders des EHPAD privés à but lucratif en, France Korian (298 établissements, 24 960 lits) et Orpéa (226 établissements et 19 922 lits) mis en cause pour leur gestion animée par le profit la réduction des coûts. 

Suite, aux révélations sur les mauvaises conditions de vie des personnes âgées résidentes, exposées dans le livre écrit par Victor Castanet, « les fossoyeurs » (fruit de trois ans d’enquête et de 250 entretiens) une action collective va être lancée par l’avocate Sarah Saldmann, au mois d’avril, contre le groupe Korian. Une action collective avait déjà été lancée contre le groupe Orpéa. 

Ces révélations accentuent la nécessité d’une loi grand-âge et autonomie, reportée par les Gouvernements successifs. Il est nécessaire de repenser un modèle à bout de souffle et de mettre 

les ressources nécessaires pour répondre aux problématiques liées au vieillissement de la population. 

Pour l’instant le Gouvernement a choisi de répondre à ce scandale par l’ouverture de deux enquêtes administratives visant le groupe Orpéa. L’ouverture d’une enquête est certes nécessaire, mais il faudrait également apporter une réponse structurelle et d’envergure aux problématiques liées au grand âge. 

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Autres articles qui pourraient vous intéresser.