Drones armés: une composante indispensable d’interventions !

Le rapport que j’ai co-rédigé avec mon collègue Cédric Perrin montre que les drones militaires sont aujourd’hui une composante indispensable de très nombreuses opérations, en particulier celles menées contre des groupes terroristes en dehors du territoire national. Dans la bande sahélo-saharienne, grâce à leurs performances en matière de renseignement, les drones « moyenne altitude longue endurance » (MALE) sont même désormais le nœud opérationnel autour duquel s’organisent la plupart des missions des forces françaises. De même, les drones tactiques sont devenus indispensables aux troupes au sol.

Actuellement, dans le cas français, les armées de terre et de l’air ainsi que les forces spéciales mettent en œuvre plusieurs types de drones. À terme, la marine nationale pourrait également en être dotée. Pourtant, la France et l’Europe sont en retard. En 2013, ce sont des drones américains qui ont été achetés en urgence après plusieurs années d’atermoiements. Absence d’indépendance et de constitution d’une filière européenne de drones sont les conséquences inévitables de ce choix.

Notre rapport vise à tirer une sonnette d’alarme : la mise en place d’une filière industrielle française et européenne de drones MALE est urgente. Aujourd’hui, des projets européens existent et doivent être soutenus avec détermination.

Nous prenons également position pour l’armement des drones MALE dans l’armée française.

Les principales recommandations de notre groupe de travail sont les suivantes :

  1. Réussir la montée en puissance du drone Reaper

Réaffirmer le concept d’emploi français, fondé sur une co-localisation, sur les théâtres d’opération, du pilotage des drones et du traitement de l’information recueillie.

Faire monter en puissance une filière professionnelle « drones MALE », attractive et valorisée, composée de pilotes militaires formés sur la base aérienne de Cognac.

Mener à bien l’acquisition de la charge utile de renseignement d’origine électromagnétique (ROEM), prévue par l’actualisation de la LPM en juillet 2015.

Préparer le passage au standard export « block 5 », et la mise à niveau des drones « block 1 », permettant de s’affranchir d’un certain nombre de contraintes sur la maintenance et l’emploi des drones, et incluant notamment une capacité d’imagerie haute définition et une capacité d’emport de charge ROEM.

Sécuriser la ressource satellitaire indispensable au fonctionnement des drones MALE.

Le rapport propose aussi,  de remettre à niveau les drones de type Harfang , ce qui à moindre coût, permet de continuer à affecter des missions complémentaires.

  1. Gagner le pari des drones européens

Travailler à un programme de drones MALE européens réaliste en termes de coût, privilégiant les apports technologiques sur l’ensemble de la chaîne de mission plutôt que sur le seul vecteur.

Poursuivre la coopération franco-britannique sur le programme de système de combat aérien futur (FCAS) afin de ne pas prendre de retard sur le drone de combat, filière d’excellence et d’avenir.

  1. Renforcer toutes les capacités en drones

Privilégier l’innovation mais aussi la flexibilité s’agissant des minidrones et nanodrones, en permettant une ouverture vers l’acquisition de drones commerciaux qui peuvent se révéler utiles à faible coût.

Lancer la deuxième étape du système de drones tactiques (SDT) en procédant si nécessaire à une réévaluation des besoins sur les théâtres d’opération ainsi que pour l’entraînement et la formation.

Relancer le programme de drones tactiques de la marine (SDAM) en calant son rythme de réalisation sur celui du programme de frégates de taille intermédiaire (FTI).

  1. Faciliter l’évolution dans l’espace aérien français

Anticiper l’adaptation aux règles de navigabilité.

Encourager le développement de systèmes « détecter et éviter ».

Poursuivre les évolutions réglementaires permettant une meilleure insertion des drones dans la circulation aérienne générale.

  1. Armer les drones français

Armer le drone Reaper mis en oeuvre par l’armée de l’air pour une efficacité accrue des forces françaises en OPEX.

Adopter des mesures de transparence sur l’emploi des drones armés.

  1. Contrôler la montée en puissance des drones militaires

Encourager l’élargissement à de nouveaux pays d’instruments de contrôle de la prolifération des drones tels que le traité MTCR (Régime de contrôle de la technologie des missiles).

  1. Faciliter la collaboration avec les forces de sécurité intérieure

Définir au niveau de chaque administration les besoins potentiels en heures de vol de drones MALE.

Centraliser les demandes des administrations au niveau du Centre national des opérations aériennes (CNOA)

Rapport_Drones_Consolide

par Gilbert ROGER, Sénateur Seine St Denis

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