Calais, le poison distillé des républicains

 

Le précédent quinquennat a été celui « de la destruction des moyens dont l’Etat a besoin pour accomplir ses missions en matière de politique migratoire ». Le « bilan est accablant » (B. Cazeneuve, 21/09/16). Pour autant, cela n’empêche pas l’opposition de proférer des « contre-vérités », des « instrumentalisations vulgaires et outrancières » sur le sujet de Calais et de l’accueil des migrants (B. Cazeneuve, 21/09/16). Ce gouvernement lui, fait le choix de la lucidité et de la responsabilité.

 

Faut-il rappeler la politique de la précédente majorité ? Chacun se rappelle du démantèlement il y a quelques années à Sangatte, qui a consisté à l’éparpillement d’hommes et de femmes en situation précaire sur le territoire national.

 

Aujourd’hui, « alors qu’il y a une situation dramatique à Calais et que les candidats aux primaires ont tous défilé à Calais pour dire qu’il fallait procéder au démantèlement de ce camp – pour des raisons humanitaires et pour des raisons d’ordre public » – il n’est pas responsable de créer les conditions de l’impossibilité de cette opération (B. Cazeneuve, 14/09/16).

 

Rappelons également les déclarations fin 2002 du ministre de l’Intérieur d’alors, Nicolas Sarkozy, au moment de la fermeture de Sangatte et de la dispersion des migrants dans des centres pour demandeurs d’asile en France : « vous n’allez pas me faire croire qu’ils ne peuvent réfléchir qu’à Calais. Ces logements ne seront pas là où ils le souhaitent mais là où nous avons des possibilités ».

 

Ce gouvernement n’a pas attendu l’opposition « pour mettre à l’abri les migrants de Calais et soulager la ville » (B. Cazeneuve, 21/09/16) :

–          Depuis près d’un an, 164 centres d’accueil et d’orientation (CAO) ont été mobilisés sur le territoire national, dans 80 départements, et 5 638 migrants qui relevaient du statut de réfugié ont pu y être orientées à partir de Calais, sur la base du volontariat.

–          Dans le même temps, ceux qui n’ont pas vocation à être accueillis en France, car ne relevant pas du droit d’asile, sont en situation irrégulière et font l’objet de reconduites hors du territoireDepuis le début de l’année 2016, 1 346 personnes en situation irrégulière ont été éloignées du territoire national depuis Calais.

–          Par ailleurs, un travail de fond est conduit pour lutter contre ceux qui exploitent les migrants pour les acheminer de façon illégale sur notre territoire. 229 filières d’immigration clandestine ont ainsi déjà été démantelées cette année à l’échelle du territoire national – soit une hausse 20 % par rapport à l’année dernière – dont 29 à destination du Royaume-Uni.

 

Le démantèlement progressif de la Lande de Calais nécessite de trouver des capacités supplémentaires. Cela doit se faire « dans des délais […] les plus brefs » pour soulager davantage la ville de Calais (B. Cazeneuve, 14/09/16).

 

C’est une question de solidarité nationale : une commune ou un territoire ne peut rester seul face aux conséquences locales d’une crise internationale.

 

Un travail de recensement des capacités d’accueil a été demandé aux préfets à cet effet.

 

–          La répartition se fera dans la « concertation avec les élus concernés » et sur la base des « propositions des collectivités locales elles-mêmes » (B. Cazeneuve, 21/09/16). On peut noter « l’exemple de la Vendée, où 6 maires appartenant tous à l’opposition, ont fait savoir la volonté qui était la leur de jouer la solidarité et d’accueillir ».

 

–          Le gouvernement veut « éviter à tout prix » d’installer des centres « de grande taille dans des bourgs de petite taille », ce qui n’aurait « aucun sens » (B. Cazeneuve, 21/09/16). Il est nécessaire que cela se fasse en « adéquation » avec la taille de la commune et « la nécessité d’avoir des tailles humaines pour procéder à un accueil de qualité ».

 

–          Il sera donc procédé à un « croisement de critères » : efforts déjà faits « au regard des populations déjà accueillies », disponibilité des structures, « capacité du tissu associatif à se mobiliser », …

 

Il est « faux » de dire que « l’Etat se défaussera sur les maires ». « L’Etat a tout financé » depuis le lancement des CAO (B. Cazeneuve, 21/09/16).

 

Il ne s’agit pas de créer des mini-Calais partout en France. Ici, on parle de « réfugiés », car « 80 % » de ceux qui sont passés par ces centres « ont demandé l’asile en France » (B. Cazeneuve, 21/09/16).

 

Rien ne justifie une dramatisation de l’installation de ces centres : partout où ces centres sont implantés, les choses se passent bien. « Personne n’a vu 161 mini-camps ou mini-Calais se constituer » (B. Cazeneuve, 21/09/16).

 

« Ceux-là mêmes qui ont signé hier les accords du Touquet en 2003 souhaitent désormais qu’on les dénonce, par pure démagogie » (B. Cazeneuve, 14/09/16).

 

Sur ce sujet il faut être clair :

 

La sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne n’entraîne aucune modification de la frontière entre nos deux pays, qui était et qui demeure une frontière extérieure de Schengen.

 

Dénoncer l’accord ne ferait qu’« augmenter le flux et à terme le stock » de migrants « en encourageant les passeurs » à intensifier la traite des êtres humains (B. Cazeneuve, 21/09/16). Dès lors, le campement « devrait accueillir sans doute 25 000 personnes, avec les conséquences humanitaires que l’on imagine ». En outre, les tentatives de passage se multiplieraient, y compris par la voie maritime. « Nous devrions alors affronter dans la Manche, en miniature, ce qui se passe déjà en Méditerranée ».

 

Le traité du Touquet prévoit un préavis de 2 ans dans le cas de sa remise en cause par l’une des parties signataires. « Autrement dit, si nous devions le dénoncer, s’ouvrirait alors une véritable période d’incertitude durant laquelle les accords continueraient certes de s’appliquer, la frontière demeurant fermée côté français, mais avec le risque considérable de susciter un appel d’air provoquant un afflux massif et supplémentaire de migrants à Calais ».

 

Enfin, même si la France ouvre sa frontière « cela ne garantit pas qu’un pays souverain comme la Grande-Bretagne ouvrira la sienne ». Dans ce cas « on tient combien de jours ? Dans quel climat de confusion et quel contexte humanitaire? » (B. Cazeneuve, 21/09/16).

 

C’est ce gouvernement en 2014 qui a pu « corriger le caractère très léonin des accords du Touquet : depuis le gouvernement britannique a reconnu sa coresponsabilité et a apporté plus de 100 M€ pour contribuer à la résolution des problèmes ». De la même manière, un dialogue « extrêmement ferme » et « clair » a été ouvert avec les Britanniques sur la situation des mineurs isolés qui sont aujourd’hui 900 à 950 à Calais (B. Cazeneuve, 21/09/16).

 

Pendant le précédent quinquennat, « le nombre de demandeurs d’asile a augmenté de 73 % en France », alors que le contexte migratoire était pourtant bien différent (B. Cazeneuve, 21/09/16).

 

Aujourd’hui, « la France est dans une situation de maîtrise des demandeurs d’asile » : en 2015 environ 80 000 demandes avaient été déposées et « nous serons entre 90 et 100 000 à la fin de l’année » ; « entre 2012 et 2015, alors que nous étions confrontés à une crise extrêmement aigüe, le nombre de demandeurs d’asile a augmenté de 30 % ».

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