COP21: discours d’ouverture par F. Hollande

Le président de la République a ouvert la conférence de Paris pour le climat. La lutte contre le réchauffement climatique est, comme la lutte contre le terrorisme, un défi mondial à relever. 2015 a été l’année de tous les records : les victimes de ces phénomènes se comptent par millions, et les dommages matériels par milliards. Ce qui est en cause une fois encore, c’est la paix : le réchauffement annonce des conflits comme la nuée porte l’orage, des Etats risquent de ne pas pouvoir satisfaire les besoins vitaux de leurs populations, le réchauffement climatique provoque plus de migrations que les guerres. Une espérance s’est levée à travers la préparation de la COP 21, à travers la mobilisation de la communauté internationale, de 190 Etats qui ont présenté leur plan d’action, des collectivités locales, des entreprises, des investisseurs, des ONG, des citoyens, des grandes religions, … La France a jeté toutes ses forces dans ce combat. L’objectif, c’est un accord de Paris à la fois universel, contraignant et différencié. Pour cela il y a 3 conditions à remplir : une trajectoire crédible, une réponse solidaire, des sociétés en mouvement. Alors que nous sommes au pied du mur, la conférence de Paris doit être un nouveau point de départ. La mutation profonde qui doit s’engager est à la fois une obligation morale et une opportunité mondiale. Notre plus grand défi, c’est de passer d’une mondialisation basée sur la compétition à un modèle basé sur la coopération, où il sera plus rentable de protéger que de détruire. C’est en visant haut que l’on décidera pour longtemps de la vie sur notre planète.

Une conférence historique pour relever les défis du XXIème siècle

« Aujourd’hui c’est une journée historique […] la France accueille le monde entier. 150 chefs d’Etat et de gouvernement. Et des milliers de délégués venus de tous les continents ». « Jamais l’enjeu d’une réunion internationale n’avait été aussi élevé puisqu’il s’agit de l’avenir de la planète, l’avenir de la vie ».

« Les évènements tragiques » des attentats de Paris « nous affligent mais plus encore nous obligent ». « Ils nous forcent à nous concentrer sur l’essentiel ». En ce sens « nous n’avons pas le droit de décevoir […] Car ce sont des peuples et des milliards d’êtres humains qui comptent sur nous » :
– « Il y a deux semaines, c’est la mort que semait un groupe de fanatiques dans les rues de Paris ». Une nouvelle fois, le chef de l’Etat tient à exprimer « la reconnaissance du peuple français pour toutes les marques de soutien qui ont afflué depuis le 13 novembre ».
– Il ne faut pas opposer « la lutte contre le terrorisme et la lutte contre le réchauffement climatique. Ce sont deux grands défis mondiaux que nous devons relever. Parce que nous devons laisser à nos enfants plus qu’un monde libéré de la terreur. Nous leur devons, une planète préservée des catastrophes.

« 2015 a été l’année de tous les records », preuve s’il en fallait, qu’un accord est plus que jamais nécessaire :
– « Record de température, record de concentration de CO2 dans l’atmosphère, record du nombre d’évènements climatiques extrêmes – sécheresse, inondations, cyclones, fonte des glaces, hausse du niveau de la mer, acidification des océans » ;
– « Les victimes de ces phénomènes se comptent par millions, et les dommages matériels par milliards » ;
– « Aucun pays, aucune région n’est à l’abri des effets du dérèglement climatique causé par les activités humaines » ;
– Pour autant « comment accepter que ce soit les pays les plus pauvres, ceux qui émettent le moins de gaz à effet de serre qui soient les plus vulnérables ». Il s’agit d’une question de « justice climatique ».

« Ce qui est en cause une fois encore, c’est la paix ». « Le réchauffement annonce des conflits comme la nuée porte l’orage » :
– Le réchauffement climatique « provoque des migrations qui jettent sur les routes plus de réfugiés que n’en génèrent les guerres ».
– « Des Etats risquent de ne pas pouvoir satisfaire les besoins vitaux de leurs populations avec des risques de famine, d’exode rural massif et d’affrontement pour accéder à l’eau ».

Prise de conscience, espérance et mobilisation

« Une prise de conscience », « une espérance s’est levée à travers la préparation de la COP 21 » :
– « La communauté internationale s’est dotée […] d’un agenda complet, à travers les objectifs du développement durable adoptés en septembre dernier à l’ONU » ;
– « 190 Etats ont formulé de plans d’action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux dérèglements climatiques dans leur région respective » ;
– « Les collectivités locales, les entreprises, les investisseurs, les citoyens, toutes les grandes religions, se sont engagés pour le climat » ;
– « A cette mobilisation s’ajoutent les progrès fulgurants réalisés dans les énergies propres et renouvelables qui ouvrent la perspective d’une économie moins carbonée, avec des villes vertes et des espaces naturels mieux protégés ».

« La France a jeté toutes ses forces dans ce combat » :
– Depuis plus d’un an, le président de la République a visité « les régions les plus affectées par le changement climatique » ;
– L’ensemble du gouvernement est mobilisé, « à commencer par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ».

L’adoption d’un accord universel, contraignant et différencié : une responsabilité collective

Si la France a voulu « que les chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier soient rassemblés dès le début de cette COP21 c’est pour donner à cette conférence un souffle et une ambition à la hauteur de l’enjeu car le 12 décembre un Accord de Paris, universel, contraignant et différencié doit être conclu ».

Il existe trois conditions pour remplir « collectivement […] notre mission » :

– « La première, c’est que nous dessinions une trajectoire crédible permettant de contenir le réchauffement global en dessous des 2° C, ou 1,5°C si possible. Il faudra pour y parvenir nous fixer un horizon de long-terme, prévoir une évaluation régulière de nos progrès au regard des dernières conclusions de la science, et mettre en place un mécanisme de révision à la hausse de nos engagements, avec des rendez –vous tous les 5 ans ».

– « La deuxième condition, c’est que nous apportions au défi climatique une réponse solidaire » : « l’accord doit être universel ».
o « Aucun Etat ne peut se soustraire à ses engagements mais avec un principe de différenciation qui tienne compte des niveaux de développement et des situations ».
§ Les pays développés doivent assumer leurs responsabilités historiques, les pays émergents accélérer leur transition énergétique, les pays en développement être accompagnés dans leur adaptation aux impacts climatiques.
§ D’où la nécessité de dégager des financements pour favoriser les transferts de technologie. L’objectif des 100Mds doit non seulement être atteint mais dépassé avec des garanties sur l’origine des ressources et leurs disponibilités.
o Aucun territoire ne doit être laissé seul face au dérèglement et notamment les plus vulnérables.

– « La troisième condition d’un accord à Paris, c’est que nos sociétés se mettent en mouvement » :
o « En quelques années, les esprits ont profondément évolué ». « Les entreprises et les acteurs financiers hier réticents sont désormais prêts à s’engager et à modifier leur comportement. Faut-il encore leur envoyer les signaux indispensables » ;
o « C’est l’enjeu de l’introduction progressive du prix du carbone pour que les émissions de gaz à effet de serre aient un coût qui corresponde aux dommages infligés à la planète ». De cette manière « les choix d’investissement s’en trouve[ront] peu à peu modifiés permettant aux technologies propres d’être accessibles à tous ».

La conférence de Paris : un nouveau point de départ

« Pour résoudre la crise climatique, les bons sentiments, les déclarations d’intentions ne suffisent pas. Nous sommes au bord d’un point de rupture ». « Paris doit être le point de départ d’une profonde mutation énergétique, économique, sociétale » :

« Cette transformation est à la fois une obligation morale et une opportunité mondiale. Elle ouvre des possibilités de développement grâce à l’émergence d’une économie décarbonée avec des énergies renouvelables, des modes de transport propre, le recyclage des déchets, l’agro écologie, la préservation de la biodiversité, l’accès de tous aux biens publics mondiaux. Ainsi en rendant l’électricité accessible à tous et notamment en Afrique, c’est plus que de la lumière qui sera apportée, c’est la connaissance, l’éducation et le développement ».

« Nous sommes en ce premier jour de la COP au pied du mur. Ce mur est l’addition de nos égoïsmes, de nos appréhensions, de nos résignations. Il est construit sur l’indifférence, sur l’insouciance, sur l’impuissance. Il n’est pas infranchissable. Tout dépend de nous ».

« Sur nos épaules repose l’espoir de toute l’humanité ». « Notre plus grand défi, c’est de passer d’une mondialisation basée sur la compétition à un modèle basé sur la coopération, où il sera plus rentable de protéger que de détruire. Nous devons penser la planète comme un espace unique. Nous devons établir un pacte d’équité entre le Nord et le Sud et un partenariat entre la Nature et l’Homme.

« Nous ne pouvons plus considérer la nature comme un vulgaire et inépuisable réservoir de ressources destiné à notre seul accomplissement. « Nous devons penser la planète comme un espace unique. Nous devons établir un pacte d’équité entre le Nord et le Sud et un partenariat entre la Nature et l’Homme ».

« Le plus grand danger n’est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, mais qu’il soit trop bas et que nous l’atteignons. C’est en visant haut que l’on décidera pour longtemps de la vie sur notre planète »

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