Quand le Sénat vote une taxe Tobin, le gouvernement Fillon la rejette!

Ce n'est pourtant pas si vieux, il y a seulement quelques semaines lors de la discussion budgétaire dans laquelle les élus (es) de gauche ont voulu montré qu'un autre budget, qu'une autre justice fiscale étaient possibles!

Dès lors, comment ne pas croire, qu'une fois encore l'UMP et son candidat à la présidentielle, N. SARKOZY font de l'agitation, ou bien de la grasse-papillon, à quelques semaines du premier tour des présidentielles 2012.

voici le papier publié aujourd'hui par l'AFP:

Le Sénat à majorité de gauche avait voté le 21 novembre dernier la création d'une taxe sur les transactions financières dans le cadre du projet de budget pour 2012, contre l'avis du gouvernement qui avait alors estimé que la France ne pouvait "légiférer seule"
Pas moins de six amendements émanant de sénateurs de tous les groupes, dont l'UMP, proposaient l'institution d'une telle taxe et la rapporteure générale de la commission des Finances Nicole Bricq (PS) en avait fait la synthèse dans un amendement adopté à la quasi-unanimité.
L'amendement a ensuite été retoqué par la majorité de droite de l'Assemblée nationale.
Il stipulait que "l'ensemble des transactions financières, englobant toutes les transactions boursières et non boursières, titres, obligations, et produits dérivés, de même que toutes les transactions sur le marché des changes, sont soumises à une taxe assise sur leur montant brut". Le taux de la taxe qui devait entrer en vigueur le 1er juillet 2012 avait été fixé à 0,05%.
Le gouvernement, par la voix du secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, avait demandé en vain son retrait. "Il serait contre-productif pour la France de mettre en oeuvre seule une telle taxe: les transactions ne feraient que se déplacer vers d'autres places, ce qui pénaliserait la place de Paris", avait-il déclaré.
L'UMP s'était divisée. Certains avaient voté contre, comme Robert del Picchia qui trouvait une taxe nationale "irréalisable", alors que d'autres l'avaient approuvée, comme le président de la commission des Finances Philippe Marini ou Christian Cambon.
Ce dernier avait d'ailleurs présenté, au nom de la commission des Affaires étrangères, un des amendements créant cette taxe, soulignant qu'un "vote unanime du Sénat serait décisif". Une "position la plus large possible du Sénat" renforcerait "la position de négociateur" du président de la République, avait renchéri M. Marini. Une partie des centristes s'était abstenue et d'autres ont voté pour, à l'image de Nathalie Goulet.
La gauche PS, PCF, RDSE (à majorité PRG) et EELV avait été en revanche unanime pour soutenir la taxe.
Nicolas Sarkozy qui a fait de l'instauration d'une taxe Tobin une des priorités de sa présidence des G8 et G20 a accéléré le pas en déclarant que la France n'attendrait pas ses partenaires européens pour la mettre en oeuvre.
Pour Mme Bricq ce changement de pied "fait partie du plan com' du gouvernement" car "ce qui était impossible il y a quelques semaines devient possible". "J'attends de voir, quel taux, quelle assiette, quelle destination, je ne voudrais pas que ce ne soit qu'un leurre pour contrebalancer la TVA sociale", a-t-elle déclaré lundi à l'AFP.

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