Un 8 MAI sous le soleil

Samedi 8 Mai, comme dans toutes les villes et villages, on a célébré le 8 Mai 45, en présence du monde des anciens combattants (es). Nous avons aussi honoré les anciens "tirailleurs sénégalais" vivant à Bondy et qui ont participé à la libération de la France.

Voici le discours que j'ai prononcé à cette occasion:


Mesdames, Messieurs,

Il y a 65 ans, le 8 mai 1945, à 15h, le général de Gaulle annonçait sur les ondes la fin des hostilités, après la reddition de l’Allemagne nazie devant les Forces Alliées. La signature de la fin des hostilités par le maréchal Keitel le lendemain à Berlin mit un terme au conflit le plus meurtrier de notre Histoire : 50 millions d’hommes et de femmes firent le sacrifice de leur vie pour que nous recouvrions notre liberté.
C’est en hommage à ces victimes et héros de la Seconde Guerre mondiale que nous sommes rassemblés ce 8 mai. 

Honorons la mémoire de tous les suppliciés du nazisme, aux millions de juifs, tsiganes, homosexuels, humanistes ou opposants politiques victimes de mesures de persécution et morts en déportation.

Saluons le courage des Forces Françaises libres, des combattants de l’armée de l’ombre, des soldats de l’armée d’Afrique et des militaires alliés : leur engagement et leur foi indéfectibles en l’idéal de paix ont permis à l’Europe de se libérer du joug de l’occupant nazi et de ses forces supplétives.

Perpétuons le souvenir de tous ceux qui ont combattu la bête immonde et qui ont su dire « non » à l’entreprise d’extermination et au massacre organisé de millions d’êtres humains, alors qu’au même moment, tant d’autres se sont tus. 

Rappelons que ce sont ces Justes qui, au lendemain de la guerre, ont œuvré à la relève de notre pays et ont pris la décision de réaliser un rêve : celui de l’union des peuples européens. Ce sont ces mêmes peuples qui hier, déchirés par une guerre d’une violence inouïe, sont aujourd’hui rassemblés sous la même bannière, et forment une communauté de valeurs, de mémoire et n’ont de cesse de s’unir dans un destin commun.
A la veille de la Journée de l’Europe et en cette journée de souvenir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, je voudrais évoquer un autre 8 mai, le 8 mai 1950, date historique à laquelle Konrad Adenauer et Robert Schuman ont élaboré, dans le plus grand secret, un grand projet de paix pour l’Europe. Dans le discours qu’il prononça le 9 mai 1950, Robert Schuman, ce grand Résistant auquel je souhaite aujourd’hui rendre un hommage particulier, posa les fondations de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), ancêtre de l’Union Européenne et de ses institutions.

Récemment encore, l’Union européenne a fait la preuve de son importance lorsque les ministres des finances de la zone euro, dimanche 2 mai, à Bruxelles, ont décidé d’activer le mécanisme de soutien à la Grèce, afin qu’Athènes puisse assainir ses finances publiques.

Mais cet accord ne saurait se suffire à lui-même. La zone euro traverse actuellement la plus grave crise de son histoire. Aujourd’hui plus que jamais auparavant, les pays de l’Union Européenne doivent faire preuve de solidarité pour rassurer les marchés et éviter que la crise grecque ne se propage à d’autres Etats financièrement fragiles.

Il est temps de prendre la mesure des nouveaux enjeux auxquels notre continent est confronté. Nous devons lutter contre une politique européenne libérale qui réduit l’Europe à une zone de libre-échange. Les pays de l’Union Européenne doivent faire taire leurs égoïsmes nationaux pour faire émerger une parole commune. Le salut financier de la Grèce, mais aussi de l’ensemble de la zone euro, est à ce prix. 

En cette période de crise financière et économique, il importe de rappeler qu’il ne faut pas renoncer à la construction d’une véritable Europe sociale, que nous sommes nombreux à appeler de nos vœux. 
C’est à nous qu’il revient aujourd’hui de poursuivre l’œuvre des pères fondateurs. Montrons-nous dignes de l’héritage qu’ils nous ont transmis.

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