ZEP: quand l’Etat se paie de mots.

Au lendemain des émeutes urbaines, le ministre de l’Education Nationale avait annoncé à grand renfort de publicité un plan dans le genre : "vous allez voir ce que vous allez voir…"
A Bondy, un collège en ZEP, le collège Jean-Zay  (je connais bien, j’en suis en ancien élève) est donc classé super-zep. On rêvait déjà à des moyens pour une réussite éducative.
Las, on déchante, voici la traduction concrète pour cet établissement après une rencontre entre élus et l’inspection académique; vous connaissez, l’administration chargée d’organiser l’école.
Voici précisément la projection pour la rentrée scolaire 2006 :
642 élèves prévus à la rentrée 2006 donc 18 de moins que cette année -Qui oserait y croire quand on connaît la progression d’habitants sur la ville?
– 3 divisions devaient être fermées, en fait 2 seulement le seront grâce à la persévérance des enseignants… mais 2 divisions de moins pour 18 élèves de moins, cela nous donne 24 élèves par classe de 4ème, âge de l’adolescence difficile par excellence… L’administration est moins inquiète, comptant sur une déperdition d’enfants d’ici à la rentrée, en fait, nous le savons bien, il y en a très peu sur ce secteur…
Le collège va se mobiliser pour une 8ème division de 4ème (que l’on rate à 1 élève près!)
– La DHG est donc de 968 heures, au lieu de 1027 cette année, sans compter les 4 x 18 h soit 72 h accordées au titre des collèges ambition réussite (4 enseignants très expérimentés qui viendraient sur le collège en 3/4 de temps, le 1/4 restant étant prévu pour les écoles du premier degré alimentant le collège)

Je trouve un peu facile de produire des effets d’annonce sur les collèges ambition réussite, d’accorder 72 h à ce titre, mais enlever dans le même temps 2 divisions dont une pour un élève qui manquerait.
L’Etat une fois de plus se paie de mots…

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