Nice: rester digne, rester uni

Le président de la République s’est rendu ce vendredi après-midi à Nice, avec le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, Marisol Touraine, les élus du territoire. « La France toute entière doit partager cette émotion, cette solidarité ». A ce stade, « 84 personnes sont mortes ». 202 personnes ont également été blessées, dont 52 toujours en urgence médicale absolue. « Parmi ces victimes, il y a des Français et beaucoup d’étrangers de tous les continents ». Il y a 10 enfants, « de jeunes enfants » (PR, 15/07/16).

Rester digne, rester uni

« Nous savons que nous n’en avons pas terminé » avec le terrorisme. « C’est terrible de le dire au moment où il y a cette tragédie ». Ce sera « un combat très long » qui « exige beaucoup de sang-froid et de lucidité de la part de ceux qui ont à prendre des décisions » (PR, 15/07/16).

Ce combat appelle « à une certaine exigence, hauteur de vue par rapport à ce que peut ressentir la population – la colère, la haine ». « Nous avons été capables d’unité, de cohésion », c’est la responsabilité du Président de la République « de ne pas [se] laisser à je ne sais quelles outrances, quels excès, quand il s’agit de répondre, de répondre juste » (PR, 15/07/16).

Pour témoigner de « cette unité, cette cohésion » de la Nation, le chef de l’Etat a décidé un deuil national, déclaré pour les 16, 17 et 18 juillet, en hommage aux victimes. Les drapeaux sont mis en berne sur les édifices publics dès ce vendredi.

Il faut aussi rendre hommage au « grand professionnalisme de la police, de la gendarmerie, des militaires, des pompiers, de la protection civile et de la Croix-Rouge » (PR, 15/07/16).

L’auteur identifié des faits : inconnu des services de renseignement, une condamnation pour altercation suite à un accident routier

« L’auteur des faits, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, a été visé par plusieurs procédures. Il n’a cependant été condamné qu’une seule fois le 24 mars 2016 par le tribunal correctionnel de Nice à 6 mois d’emprisonnement avec sursis pour des faits de violence lors d’une altercation à la suite d’un accident de la circulation, commis avec une arme par destination, en l’occurrence une palette ». « L’auteur des faits n’a jamais été incarcéré et ne faisait plus l’objet d’aucun suivi de la part de l’autorité judiciaire au moment de l’attentat » (J.-J. Urvoas, 15/07/16).

D’après le procureur Molins, il était totalement inconnu des services de renseignement, nationaux et locaux.

Continuer à agir

Opération Sentinelle

L’opération Sentinelle est maintenue de sorte à permettre de mobiliser 10 000 militaires en plus des gendarmes et policiers. L’attentat de Nice accentue notamment l’effort d’enquête que doivent fournir les policiers, et nécessite que ce dispositif Sentinelle, au-delà de l’achèvement de la période des grands événements, soit maintenu au plus haut niveau.

Réserve opérationnelle

Il est fait appel à la réserve opérationnelle, « c’est-à-dire à tous ceux qui à un moment ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie pour venir soulager les effectifs de policiers et de gendarmes. Nous pourrons les déployer sur tous les lieux où nous avons besoin d’eux et en particulier pour le contrôle des frontières » (PR, 15/07/16).

Etat d’urgence renouvelé

L’état d’urgence, qui devait prendre fin le 26 juillet, entrera à nouveau en vigueur pour une durée de 3 à 6 mois, si le Parlement le décide. Cette disposition avait été jusqu’alors prolongée, elle est aujourd’hui renouvelée, rééditée :

– Des dispositions législatives ont été adoptées pour en réduire la nécessité. La Commission des lois du Sénat et son président Philippe Bas (LR) lui-même, a plaidé pour la levée de l’état d’urgence ;

– Toujours actif, le recours à ses dispositions s’était progressivement, mécaniquement réduit. Ainsi des perquisitions administratives : près de 3000 perquisitions de novembre à janvier, 500 de janvier à février, 120 de février à avril, 30 d’avril à mai, puis pas de reconduite de la disposition dans la dernière prorogation. Il y a eu un effet mécanique à cette réduction : l’effet de surprise sur les réseaux, très fort et très utile au départ pour les démanteler, s’est épuisé ;

– Suite à l’attentat de Nice, il est proposé que l’état d’urgence soit pleinement réactivé, y compris avec les perquisitions administratives. Après cette nouvelle attaque, il ne faut se priver d’aucun moyen potentiel ;

– Le gouvernement continuera d’en faire un usage très proportionné. La prolongation de l’état d’urgence continuera de permettre des assignations à résidence, l’interdiction de rassemblements ou la restriction de la circulation des personnes et des véhicules. Le gouvernement a désormais démontré qu’il savait en faire un usage proportionné (cf. autorisation des manifestations contre la loi travail).

Mobilisation internationale

« Il y aura, la semaine prochaine, une réunion très importante » à Washington, « à laquelle participera Jean-Yves Le Drian » : « nous allons renforcer les moyens de la coalition » internationale contre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak (PM, 15/07/16).

Soutien aux festivals et aux artistes

« Une réunion interministérielle s’est déroulée ce matin en marge du Conseil de défense pour confirmer que l’ensemble des manifestations en France peut être maintenu, sauf si des circonstances locales le justifient et dans le cadre d’un dispositif de sécurité adapté » (A. Azoulay, 15/07/16).

« Pour conforter l’offre culturelle proposée au public, un fonds de soutien spécifique a été créé qui accompagne les scènes et les festivals dans le renforcement nécessaire des mesures de sécurité, partout en France » (A. Azoulay, 15/07/16).

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