Réfugiés : conseil des ministres de l’intérieur européens

Le dernier Conseil des ministres de l’intérieur de l’Union européenne a permis à l’Europe de prendre ses responsabilités envers les réfugiés. L’Europe a fait la démonstration que ses institutions, quand la France et l’Allemagne se mettent en mouvement avec l’ensemble de leurs partenaires, peuvent aboutir à des décisions positives. L’accord obtenu a acté 3 importantes avancées : la mise en place d’une solidarité européenne pour l’accueil de 160 000 personnes en besoin de protection ; la mise en place de centres d’accueil et d’enregistrement des migrants ; le renforcement de la surveillance et de la gestion des frontières européennes. Le Conseil européen extraordinaire doit déterminer ls priorités d’action pour les semaines à venir, en particulier pour renforcer la coopération avec les pays tiers accueillant des réfugiés (Turquie, Liban, Jordanie), les pays des Balkans occidentaux et nos partenaires africains.

Le Conseil des ministres de l’intérieur de l’Union européenne, le 22 septembre, a permis à l’Europe de « prendre ses responsabilités » (PR, 22/09/15). « Elle fait la démonstration […] que les institutions européennes, quand la France et l’Allemagne se mettent en mouvement avec l’ensemble de leurs partenaires, cela aboutit à des décisions positives pour l’Europe quand l’essentiel est en jeu » (B. Cazeneuve, 22/09/15). 3 importantes avancées pour répondre à l’afflux de migrants ont été actée, à « une écrasante majorité des pays de l’UE » (B. Cazeneuve 22/09/15) :

– La mise en place d’une solidarité européenne pour l’accueil de 160 000 personnes en besoin de protection. « La France, elle, avait déjà pris ses engagements ». Désormais, « tous les pays doivent respecter les engagements qui ont été pris » (PR, 22/09/15). La France prendra toute sa part à cette solidarité européenne en accueillant au total plus de 30 000 personnes en besoin de protection. Elle s’y prépare activement en s’appuyant à la fois sur l’expertise de l’Etat et de ses opérateurs et sur les initiatives locales qui se sont multipliées et dont les maires, réunis le 12 septembre par le ministre de l’intérieur, se font les relais.

– Le principe : l’exercice de la solidarité européenne s’accompagne d’une responsabilité des pays de première entrée – avec l’aide de l’Europe. La mise en œuvre de la relocalisation des personnes concernées sera ainsi conditionnée à la mise en place, par les pays de première entrée, de centres d’accueil des migrants dans lesquels, outre un premier accompagnement, des dispositifs d’identification et d’enregistrement seront établis. Les autres personnes, qui ne pourront bénéficier d’une protection internationale, seront reconduites avec le soutien de Frontex.

– Le renforcement de la surveillance et de la gestion des frontières européennes. Il passe par un rôle renforcé de l’agence européenne Frontex, en particulier pour les opérations de reconduite à la frontière, en lien avec les Etats membres et les pays d’origine et de transit, ainsi que par l’établissement d’un système de gardes-frontières européens.

Les priorités d’action de l’Union européenne pour les prochaines semaines doivent être définies ce mercredi 23 septembre par les chefs d’Etat et de gouvernement réunis en Conseil européen extraordinaire. La réponse à cette crise d’une ampleur exceptionnelle passe en effet par une action coordonnée et rapide dans plusieurs directions :

– Une coopération renforcée avec les pays tiers qui accueillent des réfugiés, tels que la Turquie, le Liban et la Jordanie. Ces pays fournissent un effort remarquable que l’Union européenne, et au-delà, la communauté internationale, doivent accompagner par des mesures concrètes, en particulier un renforcement à très court terme des moyens des agences et programmes des Nations Unies (Haut-commissariat pour les réfugiés, programme alimentaire mondial, UNICEF). Le renforcement de la coopération en matière de contrôle des flux migratoires sera également examiné.

– La coopération avec les pays des Balkans occidentaux. La « route des Balkans» est aujourd’hui devenue la principale voie d’immigration en Europe, dépassant les flux en provenance de la Méditerranée centrale. L’Union européenne doit apporter un soutien sur trois plans : soutien humanitaire, renforcement de la gestion des frontières et des flux de migrants, et lutte contre les réseaux de passeurs et de trafiquants d’êtres humains.

– La coopération avec les partenaires africains. Le Conseil européen permettra également de faire un point sur la préparation de la Conférence de la Valette sur les migrations qui se tiendra les 11 et 12 novembre.

La France continue à être à l’initiative pour que l’Union européenne réponde de manière collective à cette crise de manière responsable et efficace.

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