François HOLLANDE: Pour ce jour particulier, on reçoit souvent — et cela fait très plaisir — des messages d’amis et d’amies que l’on côtoie chaque jour, mais aussi d’autres que la vie a un peu éloignés, souvent géographiquement, et qui pourtant restent fidèles.
Moi, j’ai eu cette immense chance de le côtoyer au Parti socialiste. Il était notre primus inter pares ; j’étais, pour ma part, « cadre » au sein du Conseil national et maire de Bondy.
Nous n’avions qu’un seul objectif : changer la vie et rendre sa fierté à chaque citoyen, localement, là, dans sa rue ou dans sa cage d’escalier.
Cela passait par le sport à l’école — celui-là même qui a fait briller tant d’étoiles du football —, par la culture, en faisant toujours confiance à la jeunesse. Celle qui a créé le festival « Y’a d’la banlieue dans l’air » ; celle qui, après les révoltes urbaines, a fait naître à Blanqui le Bondy Blog ; celle encore qui m’a poussé à lui faire confiance avec les conseils de quartier et les premiers conseils participatifs… Sans oublier la maîtrise et le Chœur de Radio France.
Si tout n’a pas été parfait, l’osmose avec notre idéal, elle, était bien réelle.
Et, en septembre 2011, j’ai eu sa confiance, alors qu’il était Premier secrétaire, pour entrer au Sénat, avec mes colistiers Claude Dillain et Aline Archimbaud.
À nous désormais incombait la lourde tâche de le porter à la présidence de la République !
Immense honneur que d’y travailler aux côtés de Jean-Pierre Bel, devenu enfin le premier président de gauche du Sénat.
Élu président de la République, François Hollande affirmait vouloir être un « président normal », en miroir des excès qu’il reprochait à son prédécesseur.
Mon premier mandat au Sénat, je l’ai consacré avec enthousiasme à cette volonté de transformer la vie, alors même que les premiers signes de fracture apparaissaient avec celles et ceux qui allaient se dénommer les « frondeurs »…
Ceux-là mêmes qui niaient les progrès accomplis et qui ont, de facto, contribué à ouvrir la voie à cette immense mystification politique : faire croire que la droite et la gauche pouvaient se confondre.
La suite, on la connaît. Et, hélas, on la vit.
Votre anniversaire, aujourd’hui, a une couleur particulière. Au-delà de vos 72 printemps, il porte aussi celle de la responsabilité.
Car, dans cette société aujourd’hui tentée par le pire, peu de voix disposent encore de votre expérience, de votre capacité à rassembler et à rappeler qu’une autre voie est possible.
C’est pour cela qu’au-delà du petit mot d’affection que je vous ai adressé, comme des milliers d’autres, j’ai aimé ce clin d’œil : ces quelques affiches collées sur les murs pour rappeler — car on oublie vite — ce que nous avons réalisé sous votre impulsion.
Et rappeler aussi qu’en politique, tout n’est jamais définitivement écrit.
Joyeux anniversaire, Monsieur le Président.












