Fort de Vaujours: pas d’exploitation du site, sans absolue certitude d’absence de radioactivité

Fortvaujours (2)Il y a plusieurs semaines, à l'initiative d'associations environnementalistes, mon attention a été attirée sur les risques d'exploitation d'une carrière à ciel ouvert par Placoplâtre, ainsi que le projet de la communauté de communes Brou-Chantereine d'urbaniser 15 ha.

Le site du fort de Vaujours de part son histoire, a vu des tests dans la recherche de la bombe nucléaire. Rien ne devrait pouvoir être exploité, sans certitudes de décontamination.

Je me suis rendu sur place, en présence des  préfets de Seine et Marne et de Seine Saint-Denis . Il a été décidé de faire pratiquer des mesures sous l'autorité de sûreté nucléaire. Le rendu donne des mesures 10 à 20 fois supérieures à la normale.

Dés lors, je viens d'adresser cette lettre à chaque préfet. Par ailleurs, j'ai demandé un rendez-vous avec la ministre Mme Ségolène ROYAL.

Texte de la lettre:

Monsieur le préfet, 


Le Fort de Vaujours est une ancienne fortification militaire, située à cheval sur les départements de la Seine-Saint-Denis et de la Seine-et-Marne. De 1951 à 1997, le Commissariat à l'énergie atomique a utilisé le site pour y développer les détonateurs des bombes atomiques de l'armée française. Pendant des années, le CEA y a pratiqué plusieurs fois par jour, à l'air libre, puis en salle, des essais nucléaires dits « sous-critiques », ou tirs « froids », qui consistaient en l'explosion de bombes atomiques factices construites autour de sphères d'uranium 238.


La majeure partie du site (30 hectares) a été rachetée en 2010 au CEA par la société BPB Placo, filiale du groupe Saint-Gobain, qui a pour projet imminent d'y réaliser une carrière de gypse à ciel ouvert. Ce projet impliquerait de déplacer, dans un avenir très proche, des millions de mètres cubes de terre polluée cumulant de nombreux risques liés aux contaminations radiologiques, chimiques, à la présence de métaux lourds et, éventuellement, de munitions non explosées. Le reste du site (15 hectares) est la propriété de la Communauté d’agglomération Marne et Chanteraine, qui souhaite y installer un projet d’urbanisation à vocation économique et artisanale.

A mon initiative, le 6 février dernier, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et l'entreprise Placoplatre ont organisé une visite du site de Vaujours avec la réalisation de mesures, en votre présence et celle de la préfète de Seine-et-Marne, ainsi que d’élus des deux départements. Cette visite faisait suite à la pétition d'un collectif d'associations dénommé "Sauvons la Dhuis" demandant la vérité sur la radioactivité et les pollutions du fort de Vaujours.

La société Placoplatre a également demandé la réalisation d’une mesure contradictoire le 25 février dernier en présence des services de l'Etat assistés des services de l’ASN et de l'IRSN, des élus, des associations accompagnés de la CRIIRAD, et des bureaux d'étude. Les mesures ont mis en évidence, sur un point d’un bâtiment, un niveau de rayonnement dix à vingt fois supérieur au niveau naturel.

Les résultats de ces mesures sont d’autant plus préoccupants que je viens d’apprendre par voie de presse que la société Placoplatre a entamé au début du mois une première campagne de démolition de vingt-six bâtiments sur le site, alors que n’ont été effectués aucun état complet des contaminations radioactives du site, aucune analyse exhaustive des risques liés aux pollutions chimiques, aux métaux lourds et à la présence de munitions non explosées, ni aucune étude d’impact sur la santé des riverains ; enfin, la commission locale de concertation et de suivi n’a pas été informée du démarrage de ces travaux.

Il n’est pas responsable de laisser les projets de la société Placoplatre et de la Communauté d’agglomération Marne et Chanteraine voir le jour alors que les risques sanitaires n’ont pas encore été levés, et que les dernières mesures ont révélé un niveau anormalement élevé de radioactivité. Les effets toxiques sur la santé de l’homme de l’uranium appauvri 238, autant par ingestion que par inhalation, sont bien connus.

Face à l’incertitude, le principe de précaution doit être appliqué. Aussi, je vous demande de bien vouloir suspendre le démarrage des travaux tant que la sécurité des riverains n’est pas assurée tant pour l’exploitation de la carrière de gypse par la société Placoplatre que pour le projet de requalification du site de la Communauté d’agglomération Marne et Chanteraine afin d’y créer une zone d’activités.

En vous remerciant de l’intérêt que vous porterez à ce courrier, je vous prie de recevoir, Monsieur le préfet, mes salutations les meilleures.

Pour celles et ceux que cela intéresse le rapport est joint ci-dessous

 Rapport-IRSN-Fort-Vaujours

 

 

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