A propos d’airbus: le plan d’action de Ségolène

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PLAN D’ACTION DE SEGOLENE ROYAL POUR AIRBUS :

Ségolène Royal refuse la fatalité et les dégâts humains et économiques du plan de restructuration d’Airbus. Elle a rencontré l’intersyndicale et partage les interrogations des salariés sur l’absence de stratégie industrielle et leur conviction qu’il est possible d’agir autrement. Il faut un Etat prévoyant qui assume ses responsabilités et des actionnaires privés stables.

Pour relever les défis stratégiques de l’aéronautique européenne, je propose un plan d’actions en quatre volets :

L’Etat doit augmenter sa participation au capital de l’entreprise et agir pour obtenir la stabilisation de l’actionnariat privé = à la différence de ce qu’a proposé N. Sarkozy (faire appel aux partenaires privés, pour poursuivre les désengagements de l’Etat), il faut non seulement participer à la restructuration du capital, mais aussi apporter de nouveaux capitaux pour accompagner le redressement d’une entreprise qui a des capacités de développement (2300 avions à livrer, cinq ans de carnet de commandes, projets de nouveaux avions) et intervient sur des secteurs stratégiques (systèmes d’armement) ;
L’Etat doit apporter des aides à la recherche-développement, nécessaires pour qu’Airbus puisse développer ses programmes avec des moyens de même ampleur que ses concurrents : Boeing bénéficie d’importants soutiens du gouvernement fédéral aux Etats-Unis, les Etats doivent soutenir la R&D sur les sujets essentiels pour les avions de demain : numérisation, matériaux composites, etc…
L’Etat doit mettre en place un plan de soutien à la sous-traitance, qui est durement touchée par la restructuration annoncée : compte tenu de l’importance de la sous-traitance dans ce secteur (40 à 70 % selon les secteurs), il est nécessaire d’éviter que les sous-traitants supportent le poids de la restructuration et que l’on ne perde les acquis des dernières années en termes de maîtrise technologique, utiles aussi à d’autres secteurs industriels. Il faut mettre en place des soutiens qui aident à accompagner la transition ;
L’Etat doit prendre les dispositions juridiques pour autoriser les régions à entrer au capital de l’entreprise : ce que les Lander peuvent faire, dans le cadre de l’accord passé avec le gouvernement et des investisseurs privés pour reprendre les actions de Daimler, les régions françaises doivent aussi pouvoir y procéder. C’est un symbole important, pour l’ancrage territorial de l’industrie aéronautique dans notre pays, et une contribution à la recapitalisation d’EADS. On ne peut pas se morfondre en permanence de la situation de l’industrie française et ne pas regarder ce qui se fait en Allemagne, dont on nous chante les louanges régulièrement.
De façon générale, il est nécessaire de construire une politique industrielle volontariste à l’échelle européenne. La logique de développement doit remplacer la logique financière. L’Europe a besoin d’une base industrielle et technologique forte pour faire front dans la mondialisation. = Si nous avions appliqué dans les années 60 et 70 les règles que nous nous imposons aujourd’hui, Airbus ne serait jamais devenu la réussite qu’il est aujourd’hui. Nous devons regarder les choses en face et nous doter, au niveau européen, des outils dont nous avons besoin pour l’avenir de nos industries.

C’est le message que Ségolène Royal va porter à Angela Merkel, lors de son déplacement à Berlin.

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