Une note très salée pour la commune

P1000737La commune de Bondy est propriétaire d’un peu plus de 3000 m2 en centre ville, à cette parcelle s’ajoute une surface appartenant au Conseil Général (l’emprise d’un ancien bar tabac) et une propriété privée, laissée à l’abandon par des héritiers trop nombreux pour se mettre d’accord sur l’héritage de ce bien.
Voilà l’envie de la commune de vendre ses terrains à une société d’aménagement pour y faire des logements et en pied d’immeuble des commerces de proximité (rien de bien extraordinaire).
Sauf une petite modification de la Loi sur l’archéologie préventive votée "à une heure tardive?" qui met à la charge du propriétaire, donc la ville, pour ses 3000 m2 la recherche de trésors et vestiges passés.
Cette Loi avait hélàs seulement attiré la colère des archéologues qui voyaient un vrai danger dans le désengagement de l’ETAT.
Bref, nous avons demandé conjointement avec le projet d’aménagement futur, ce que l’on appelle dans le jargon administratif: une fouille préventive. Bonheur pour l’Histoire le terrain communal contient des tombes en quantité!
Et là commence l’enfer pour la commune et ses habitants: puisque nous sommes propriétaires, il nous faut commander des fouilles  parmi les instituts habilités à le faire.  De fait,il n’y a que l’INRAP ( établissement public administratif de recherche placé sous la tutelle du ministère de la culture) et la facture est bigrement salée : plus de 1 300 000  d’euros (soit 8,25 millions de francs lourds pour les nostalgiques). On fouille dans la bonne humeur, le ministère est heureux puisque de fait ce sont les contribuables directs de la commune de Bondy qui paient…Et là Oh merveille, un trésor archéologique sous les fouilles, une découverte fondamentale qui n’existe nulle part ailleurs en France.
Ni une ni deux, la direction régionale des affaires culturelles réunit un comité d’experts ravis qui mettent en demeurent la commune -propriétaire soit de dépenser en plus  900 000 euros de plus sans compter les frais annexes de transport des terres de déblais, soit de protéger le site par des techniques particulières de dalle béton.
Qu’on se le dise: le Maire de Bondy son équipe municipale et toute la population est fière de pouvoir ainsi relier son futur et le passé de notre pays. Fouiller, mettre en valeur ce patrimoine est une belle chose.
Mais là ou les choses ne vont plus c’est quand l’Etat nous laisse absolument seuls pour payer la facture des recherches, car ces 2 200 000 euros nous aurions tellement besoin de les mettre ailleurs.
Certes, la Loi a prévu d’instaurer un fond d’aides, comme d’habitude aujourd’hui pas constitué et surtout pas alimenté en euros sonnants et trébuchants (j’allais dire de sesterces). La direction des affaires culturelles évoque une possible subvention entre 0 et 50% du coût, ajoutant subtilement de la nouvelle fouille (donc sur les 900 000 euros seulement).
Voilà, une fois encore, le Maire a le sentiment d’être bien seul à défendre les intérêts de ses concitoyen(e)s.
Allez, nous suivrons l’avancement de la bataille menée une fois encore avec l’ Etat qui une fois encore a des oursins dans les poches.
inrap

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